CA MORD ?

CA MORD ?

« Pas si simple de capter de tout jeunes spectateurs.Le duo l’a fait avec beaucoup de talent, avec des supports bien choisis et une tendresse à laquelle les enfants ont été sensibles (et nous aussi). Une réussite. » Denis Le Bas, Jazz sous les Pommiers

“Du bambou qui se transforme …

en baguettes aussi longues qu’une canne à pêche, pour pêcher des sons,

en pinceau, pour se chercher,

en cabane, pour se trouver,

en…bon, on ne va pas tout vous raconter !

Ca mord, c’est aussi…

des balles, pour remplacer les vers de terre,

deux voix, pour s’envelopper comme dans une couverture,

des capsules pour invoquer la pluie,

de l’eau pour… Oulala !

Et puis il y a Elle et Lui :

Lui, parmi son… fourbi, lave et range un peu.

Elle, avec ses arrosoirs et ses pots en terre, se lave.

Elle, s’exprime au moyen de percussions vocales, pendant que

Lui parle avec des percussions corporelles.

A priori rien ne les rapproche, sauf peut-être…

Quand tout est propre, c’est l’heure d’aller, pêcher,

d’aller pêcher des sons !

“Ça mord ? Murmure l’eau en mordillant le lobe de notre oreille. Le silence devient alors la délicieuse attente d’une onde crevant la surface. La balle goutte sur le pot et la cascade de gouttes brille dans nos yeux. Nous restons suspendus au geste d’Elle et accrochés au bras de Lui car c’est toujours un nouveau son qui les conclut. Ça frappe, frotte, claque, tique, cogne, pique, carambole et cliquetise entre un sourire charmeur et une moue boudeuse. La séduction est à fleur de pot et les grains font joli bruit en tombant dedans. Courts baisers de céramique comptant ses décibels de tendresse et une belle histoire d’amour pesant des kilos hertz.

Les bébés écoutent ce que nous n’entendons plus, il nous reste à les regarder voir : tendus en avant dans nos bras, concentrés comme jamais, les yeux écarquillés vers la scène. Ce vocabulaire sans mots les captive. Hélène et Benjamin ont tout mis en œuvre pour dire sans parler. C’est un spectacle sans parole mais pas muet, une parenthèse encadrant trois points de suspension, un dernier salut aux petites pinces de roi qui ne savent pas encore applaudir, la lumière s’éteint, un mot d’amour pas dit dans une oreille endormie. ” François Lemonnier

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